Projet de rénovation de la toiture de la chapelle sainte Anne à Saint-Remèze porté par notre association Paysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze et la Mairie.
1.– Description du projet, intérêt de la restauration.
La chapelle sainte Anne est située à l’entrée de Saint-Remèze en venant de Bourg-Saint-Andéol, dans un charmant parc aménagé.
Elle est de style néo-gothique, à simple nef de deux travées et chœur voûtés de croisées d’ogives. Sa façade ouvre par un portail en arc brisé, à simple archivolte ornementée, flanqué de deux colonnettes et surmonté d’un tympan décoré d’une délicate sculpture de feuillages. Elle est occupée aussi par une rosace à dix pétales et une curieuse croix nimbée.
La couverture est en tuiles mécaniques, peu courantes localement.
L’avant-toit est souligné d’une intéressante génoise composée de petites arcatures trilobées.
Le monument est bâti en calcaire blanc, à grain fin, de la carrière Sainte-Juste à Saint-Restitut (Drôme).
Depuis une quinzaine d’années, la toiture n’assure plus l’étanchéité nécessaire. Des fuites importantes sont observées et marquent sérieusement les voûtes à l’intérieur (larges taches d’humidité et auréoles). Après les épisodes pluvieux, des suintements apparaissent en haut des murs porteurs, qui montrent plusieurs fissures au niveau des enduits.
Notre projet vise à une restauration de l’ensemble de la couverture, constituée de tuiles mécaniques scellées au mortier de la voûte. Elle arrêterait les infiltrations et assurerait la sécurité à l’édifice.
Une fois la toiture réaménagée, l’objectif serait d’utiliser régulièrement la chapelle sainte Anne comme lieu culturel et associatif pour des expositions, concerts, conférences, soit un lieu de rencontre et de vie, en complément du parc aménagé en aire de jeux pour les enfants, entourant le bâtiment.
2.– Statut de la chapelle.
La chapelle est propriété de l’Évêché de Viviers depuis 1959. Elle a fait l’objet d’un bail emphytéotique avec la mairie de Saint-Remèze en date du 24 janvier 2013, pour une durée de 99 ans, qui peut l’utiliser à ses fins. Celle-ci entretient le parc et la chapelle utilisée chaque été pour des expositions par différentes associations du village.
3.– Historique rapide de la chapelle.
La chapelle fut construite de 1867 à 1872 sous l’autorité de Mr Delio, architecte, du temps du curé Louis Raphanel, sur un terrain légué à la fabrique.
Son histoire est liée à la vitalité de la religion catholique dans la seconde moitié du XIXe siècle, qui structure le quotidien de la plupart de nos villages. La piété devient plus festive, plus ostentatoire, comme en témoignent le cérémonial des sacrements, le développement des processions, des pèlerinages et l’intérêt renouvelé pour les saints. Les paroissiens de Saint-Remèze, sous la férule de leur curé, unissent leurs efforts pour se doter d’une nouvelle chapelle, placée sous le vocable de sainte Anne.
Nous ignorons les raisons de ce choix, si ce n’est que le culte à sainte Anne était plutôt enraciné en terre bretonne. La présence d’une croix nimbée au sommet des rampants du pignon y est sans doute une allusion.
La chapelle subira les effets de l’anticléricalisme qui se développe à la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle. Elle fait l’objet de conflits entre la commune et les autorités religieuses locales à la suite de la Loi de séparation des Églises et de l’État.
Le jeudi 17 août 1911, les autorités communales forcèrent la grille porte de l’enclos et prirent possession de la chapelle, avec l’intention de la vendre et en attendant d’y entreposer le matériel incendie de la commune. Le bien est effectivement mis en vente, il est acquis par Florentin Boulle qui le lègue en 1945 à sa fille Rosa Célina Boulle, religieuse de la Présentation de Marie, qui le cède en 1959 à l’association diocésaine de Viviers.
Néanmoins, la chapelle allait perdre de son importance et se voyait fermée la plupart du temps au milieu d’un parc en partie gagné par les buissons. Aujourd’hui, elle est désacralisée.
4.– Choix de restauration.
Il est prévu une restauration à l’identique de la toiture conformément aux normes de la Fondation du patrimoine afin de restituer l’authenticité du bâtiment, avec des tuiles au plus près de celles actuellement en place. Des liteaux seront néanmoins posés pour une meilleure respiration de la toiture.
Après la rénovation de la toiture, nous envisageons, dans un second temps, une reprise des enduits et peintures intérieurs et une restauration de la rosace aujourd’hui maladroitement renforcée par des briques de verres teintées.
5.– Comment valoriser la restauration de cet élément patrimonial.
La rénovation de la toiture en stoppant la dégradation des voûtes, en redonnant de la salubrité, ne peut que perpétuer ce monument à des fins patrimoniales, culturelles et sociales.
Ce projet devrait donner un nouveau souffle au quartier de Cougny à l’entrée du village de Saint-Remèze, et surtout à la commune, en assurant une plus grande attractivité associative et touristique à cet ensemble formé par la chapelle et son parc. Le lieu pourrait faciliter les réunions et rencontres culturelles pendant une bonne partie de l’année, sous forme d’expositions ou d’ateliers, voire de concerts, servir encore d’espace pour des présentations de producteurs et artisans, des animations scolaires ou intergénérationnelles. La chapelle deviendrait une vitrine du village à l’entrée de la commune, sachant qu’il y a un parking à proximité près du local des pompiers.
L’association Paysages, Patrimoine et Environnement de Saint-Remèze pense l’inclure dans son circuit de visite proposé chaque dimanche de l’été aux touristes et locaux. La commune, avec la proximité de la Grotte Chauvet 2, la Maison de la Lavande, la Grotte de La Madeleine, l’Aven Marzal, le Zoo des Dinos, la Forêt d’Émile Zarbre, est un lieu de plus en plus visité en saison touristique. L’Office de Tourisme Gorges de l’Ardèche – Pont d’Arc en assure la promotion.
6.– Projet de plan de financement
Coût du projet : 26 445 €
Ressources :
Financement public :
- Département : 6 000 €
- Commune : 5 000 €
Fonds privés :
- Dons et souscriptions Fondation du Patrimoine : 12 800 €
- Fonds propres de l’association : 1 945 €
- Groupama : 200 €
- Société de Sauvegarde des monuments anciens : 500 €
Total 26 445 €